iStock

Homo Sapiens et les loups, une étrange alliance

Nous n’en avons pas terminé avec l’histoire de nos toutous adorés. Une anthropologue américaine, Pat Shipman, émet l’hypothèse que nos plus anciens amis dans le règne animal nous auraient aidés à nous imposer face à notre rival des cavernes, Neandertal.

Elle nous ramène à l’époque où, dit-elle dans cet article du quotidien anglais The Guardian (http://www.theguardian.com/science/2015/mar/01/hunting-with-wolves-humans-conquered-the-world-neanderthal-evolution), en Europe, les loups, Homo sapiens et Neandertal étaient en compétition pour tuer les mammouths et les autres grands herbivores. La plupart des chercheurs estiment qu’Homo sapiens était mieux armé et avait une technique de chasse plus aboutie que Neandertal. Cela expliquerait que ces derniers aient disparus en peu de temps après l’arrivée d’Homo sapiens depuis l’Afrique vers – 45 000 ans.

Le professeur Shipman ajoute sa pierre : nous avions un complice, le loup. Son hypothèse est que les hommes auraient capturé des loups et élevé des chiots qui finirent par se rapprocher du chien domestique, vers – 33 000 ans. Nous les aurions dressés pour chasser et éloigner des prises les autres carnivores, y compris les lions et léopards. Les loups traquaient et fatiguaient les animaux en leur courant après, les hommes les achevaient à courte distance, avec leurs lances et leurs flèches. Après, la viande était partagée. Cette alliance faisait de cette paire là les maîtres de la chaîne alimentaire de l’Europe préhistorique, au détriment des autres espèces prédatrices. Neandertal compris.

Dans son livre The Invaders : How Humans and Their Dogs Drove Neanderthals to Extinction, Pat Shipman n’y va certes pas avec le dos du silex, faisant fi des études récentes qui ont montré une cohabitation et des métissages entre les deux espèces humaines pendant 5 000 à 20 000 ans. Il n’en reste pas moins que Médor a encore bien des choses à nous apprendre et qu’il faut aussi de l’imagination pour devenir anthropologue.

Texte : Valérie Lassus. Photo : iStock.

Publié le