C. Régnier. L’une des espèces les plus menacées, en France.

La 6e extinction des espèces a commencé

Il y a 66 millions d’années, suite à une série de catastrophes majeures (éruptions volcaniques et pluie de météorites) s’éteignaient les dinosaures. C’est ce que l’on appelle la 5e extinction des espèces, qui a eu lieu à la fin du crétacé.

Ensuite, l’Homme a conquis la planète.

Depuis la fin des années 1990, les naturalistes et les biologistes lancent régulièrement un cri d’alarme. Selon la plupart d’entre eux, nous sommes actuellement au début d’une extinction de masse causée par l’Homme. Ses actions ont entraîné et entraînent toujours le dérèglement climatique, la déforestation, la destruction des habitats animaliers, la pollution généralisée des sols et rivières, l’acidification des océans, etc.

En 2004, un article de la revue Nature montrait que les changements climatiques entraîneraient la perte de 15 % à 37 % des espèces vivantes d’ici 2050.

Aujourd’hui, une équipe pluridisciplinaire de chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et de l’université d’Hawaï vient de produire un article* expliquant qu’en réalité, 7 %, soit 130 000 espèces, auraient probablement déjà disparu.

Ces chercheurs ont travaillé sur un échantillon de 200 espèces d’invertébrés, une véritable enquête naturaliste de terrain sur des limaces et autres escargots. En parallèle, d’autres chercheurs ont collecté des informations existantes sur ces 200 espèces et ont créé un modèle de mathématique probabiliste.

Les résultats des deux approches, pourtant totalement différentes et indépendantes, sont concordants !

En extrapolant leurs résultats à l’ensemble de la biodiversité terrestre, ce groupe de chercheurs s’accorde à dire que nous aurions déjà perdu non pas 1,3 % mais 7 % de la biodiversité terrestre ! Il est temps d’agir et de réagir pour sauver la biodiversité et prendre conscience de l’impact humain sur la planète. A ce jour, il n’y a pas de plan B.

 

* Proceedings of the National Academy of Science (PNAS) : http://www.pnas.org/content/early/2015/06/03/1502350112.abstract

Texte : Clara Recordier. Photo : DR/C. Régnier/Museum.

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